Ravachol
Commentateur suivi sur Le Monde — analyse dans le cadre du suivi des opérations d'influence russe.
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Biographie
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Sur des éléments de temporalité et de stylométrie, nous pouvons affirmer avec un haut degré de confiance que Ravachol est un compte ayant précédé celui de Minga
I. Éléments biographiques
Au fil de ses interventions, Ravachol distille plusieurs informations sur sa vie personnelle et son parcours académique. Il affirme détenir un « DEA d'histoire » et se présente comme un « souverainiste pro russe ». Sur le plan politique, il indique avoir fait partie, sous son vrai nom, du « comité de soutien de Chevènement » en 2002 et avoir été membre de la « Fondation Marc-Bloch ».
Il déclare résider à Paris, mais mentionne voyager régulièrement : il affirme s'être rendu à la « Foire de Francfort » chaque année, avoir visité la Crimée avant et après 2014, et avoir séjourné à Kiev où il dit avoir mangé des « confitures-maison » de baies cueillies dans la forêt de Tchernobyl. Il se décrit comme « russophone », affirmant avoir ainsi un accès direct aux sources de la Douma.
Ravachol mentionne également des éléments de son entourage et de ses habitudes : il affirme que son fils est un « jeune capitaine dans l’armée de terre », ancien de Saint-Cyr, et souligne son propre engagement sur le terrain en France, déclarant avoir « participé à quelques manifestations parisiennes des GJ ». Enfin, il précise ne pas posséder de « télévision du tout » et rédiger certains de ses messages sur un « iPhone ».
II. Apologie de la violence et des crimes de guerre
Ravachol tient des propos qui banalisent ou encouragent l'usage de la force brutale. Concernant les conflits au Proche-Orient, il prône une éradication sans concession : « Il faut être sans pitié avec eux, et les frapper avec vigueur ». Il décrit avec une certaine satisfaction l'action des forces russes en Syrie, affirmant que les opposants y « découvriront alors ce qu’est l’enfer vraiment ».
Il manifeste une admiration pour les groupes paramilitaires, notamment le groupe Wagner, dont il loue « l’efficacité combattante » et le « savoir-faire militaire », le qualifiant de « chef-d’œuvre » pour son rôle en Crimée. Lors des troubles au Kazakhstan début 2022, il se félicite de la rapidité de l'intervention russe : « En quelques heures les émeutiers armés ont été neutralisés voire liquidés sans états d’âme ». Il justifie également les méthodes répressives de certains régimes, affirmant que Loukachenko « a raison » de ne pas s'acharner sur les vaincus après les avoir matés, tout en reconnaissant que la police biélorusse a pu « tabasser et torturer à volonté » durant les premiers jours.
III. Rhétorique et sophismes
La rhétorique de Ravachol repose massivement sur le « whataboutism » (ou sophisme de la double faute). Pour disqualifier les critiques contre la Russie, il les compare systématiquement à des situations occidentales : il oppose les arrestations en Russie à celles des Gilets Jaunes en France ou compare le sort de l'opposant Navalny à celui de Julian Assange ou des détenus de Guantanamo.
Il utilise fréquemment l'attaque ad hominem pour discréditer les dirigeants ukrainiens, qualifiant Zelensky de « marionnette contrôlée », de « vrai Coluche local » ou de « guignol ». Parallèlement, il use de l'appel à l'autorité en citant des « experts » anonymes ou des services de renseignement étrangers lorsqu'ils semblent abonder dans son sens, tout en déniant toute crédibilité aux ONG comme Memorial ou Golos, qu'il qualifie d'« agents de l’étranger » ou de structures « pilotées par les E-U ». Enfin, il emploie des analogies douteuses, comparant l'usage de l'ukrainien en Ukraine à l'idée farfelue d'« obliger les Belge à parler belge », qualifiant l'ukrainien de simple « dialecte ou un patois ».
IV. Contradictions et faits erronés
Ravachol a nié avec véhémence l'éventualité d'une invasion de l'Ukraine par la Russie au début de l'année 2022. Le 19 janvier 2022, il écrivait : « L’imminence de l’attaque russe sur l’Ukraine est un fantasme ». Il réitérait cette position en affirmant que les intentions prêtées à la Russie étaient de « vieilles techniques d’intox » et que « la menace de l’invasion russe de l’Ukraine fut une intox ».
Il soutient systématiquement que la Russie n'est jamais l'agresseur : « La Russie, j’en suis persuadé, n’attaquera pas la première » et « elle n’est jamais à l’origine de l’agression ». Il affirme à plusieurs reprises que l'armée régulière russe n'est pas impliquée dans le conflit du Donbass : « l’armée russe n’est pas engagée dans le conflit » et « les unités de l’armée russe ne sont pas en Ukraine ». Pour lui, les événements de 2014 ne sont qu'un « coup d’Etat sanglant » piloté par l'Occident.
Note : Les sources fournies s'arrêtant en janvier 2022, elles ne contiennent pas de mentions des soldats nord-coréens, du massacre de Boutcha ou des retraites russes de Kiev et Kharkiv, ces événements étant postérieurs à la chronologie des documents sélectionnés.
V. Commentaires et positions les plus odieux
Certaines positions de Ravachol sont particulièrement choquantes. Sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, il minimise l'impact sanitaire, parlant de « paranoïa écologiste » face à un « nombre très faible de morts ». Il va jusqu'à déclarer : « je rêve de vacances à Tchernobyl : chasse, pêche, vie en plein air, baignade ».
Ses positions sur les questions de société sont marquées par une hostilité envers les minorités. Il qualifie la gestation pour autrui (GPA) d'« ignominie commerciale ». Concernant l'homosexualité, il affirme que l'exposition des enfants à ces pratiques provoque un « rejet viscéral de l’immense majorité de Russes ».
Enfin, il adopte une posture de déni face aux assassinats politiques. Au sujet de l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa et de l'opposant Boris Nemtsov, il balaie la recherche des donneurs d'ordre : « Parler de "commanditaires", c’est souvent céder à la théorie du complot ». Il traite de manière similaire l'affaire Magnitski, affirmant qu'elle a été « instrumentalisée pour lancer une campagne anti russe ».