Ravachol

Commentateur suivi sur Le Monde — analyse dans le cadre du suivi des opérations d'influence russe.

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2 412 commentaires analysés sur Le Monde, du 08/07/2016 au 22/01/2022, répartis sur 1 109 articles (2.2 par article en moyenne). 0 sur les 30 derniers jours.

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Biographie

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Sur des éléments de temporalité et de stylométrie, nous pouvons affirmer avec un haut degré de confiance que Ravachol est un compte ayant précédé celui de Minga

I. Éléments biographiques

Au fil de ses interventions, Ravachol distille plusieurs informations sur sa vie personnelle et son parcours académique. Il affirme détenir un « DEA d'histoire » et se présente comme un « souverainiste pro russe ». Sur le plan politique, il indique avoir fait partie, sous son vrai nom, du « comité de soutien de Chevènement » en 2002 et avoir été membre de la « Fondation Marc-Bloch ».

Il déclare résider à Paris, mais mentionne voyager régulièrement : il affirme s'être rendu à la « Foire de Francfort » chaque année, avoir visité la Crimée avant et après 2014, et avoir séjourné à Kiev où il dit avoir mangé des « confitures-maison » de baies cueillies dans la forêt de Tchernobyl. Il se décrit comme « russophone », affirmant avoir ainsi un accès direct aux sources de la Douma.

Ravachol mentionne également des éléments de son entourage et de ses habitudes : il affirme que son fils est un « jeune capitaine dans l’armée de terre », ancien de Saint-Cyr, et souligne son propre engagement sur le terrain en France, déclarant avoir « participé à quelques manifestations parisiennes des GJ ». Enfin, il précise ne pas posséder de « télévision du tout » et rédiger certains de ses messages sur un « iPhone ».

II. Apologie de la violence et des crimes de guerre

Ravachol tient des propos qui banalisent ou encouragent l'usage de la force brutale. Concernant les conflits au Proche-Orient, il prône une éradication sans concession : « Il faut être sans pitié avec eux, et les frapper avec vigueur ». Il décrit avec une certaine satisfaction l'action des forces russes en Syrie, affirmant que les opposants y « découvriront alors ce qu’est l’enfer vraiment ».

Il manifeste une admiration pour les groupes paramilitaires, notamment le groupe Wagner, dont il loue « l’efficacité combattante » et le « savoir-faire militaire », le qualifiant de « chef-d’œuvre » pour son rôle en Crimée. Lors des troubles au Kazakhstan début 2022, il se félicite de la rapidité de l'intervention russe : « En quelques heures les émeutiers armés ont été neutralisés voire liquidés sans états d’âme ». Il justifie également les méthodes répressives de certains régimes, affirmant que Loukachenko « a raison » de ne pas s'acharner sur les vaincus après les avoir matés, tout en reconnaissant que la police biélorusse a pu « tabasser et torturer à volonté » durant les premiers jours.

III. Rhétorique et sophismes

La rhétorique de Ravachol repose massivement sur le « whataboutism » (ou sophisme de la double faute). Pour disqualifier les critiques contre la Russie, il les compare systématiquement à des situations occidentales : il oppose les arrestations en Russie à celles des Gilets Jaunes en France ou compare le sort de l'opposant Navalny à celui de Julian Assange ou des détenus de Guantanamo.

Il utilise fréquemment l'attaque ad hominem pour discréditer les dirigeants ukrainiens, qualifiant Zelensky de « marionnette contrôlée », de « vrai Coluche local » ou de « guignol ». Parallèlement, il use de l'appel à l'autorité en citant des « experts » anonymes ou des services de renseignement étrangers lorsqu'ils semblent abonder dans son sens, tout en déniant toute crédibilité aux ONG comme Memorial ou Golos, qu'il qualifie d'« agents de l’étranger » ou de structures « pilotées par les E-U ». Enfin, il emploie des analogies douteuses, comparant l'usage de l'ukrainien en Ukraine à l'idée farfelue d'« obliger les Belge à parler belge », qualifiant l'ukrainien de simple « dialecte ou un patois ».

IV. Contradictions et faits erronés

Ravachol a nié avec véhémence l'éventualité d'une invasion de l'Ukraine par la Russie au début de l'année 2022. Le 19 janvier 2022, il écrivait : « L’imminence de l’attaque russe sur l’Ukraine est un fantasme ». Il réitérait cette position en affirmant que les intentions prêtées à la Russie étaient de « vieilles techniques d’intox » et que « la menace de l’invasion russe de l’Ukraine fut une intox ».

Il soutient systématiquement que la Russie n'est jamais l'agresseur : « La Russie, j’en suis persuadé, n’attaquera pas la première » et « elle n’est jamais à l’origine de l’agression ». Il affirme à plusieurs reprises que l'armée régulière russe n'est pas impliquée dans le conflit du Donbass : « l’armée russe n’est pas engagée dans le conflit » et « les unités de l’armée russe ne sont pas en Ukraine ». Pour lui, les événements de 2014 ne sont qu'un « coup d’Etat sanglant » piloté par l'Occident.

Note : Les sources fournies s'arrêtant en janvier 2022, elles ne contiennent pas de mentions des soldats nord-coréens, du massacre de Boutcha ou des retraites russes de Kiev et Kharkiv, ces événements étant postérieurs à la chronologie des documents sélectionnés.

V. Commentaires et positions les plus odieux

Certaines positions de Ravachol sont particulièrement choquantes. Sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, il minimise l'impact sanitaire, parlant de « paranoïa écologiste » face à un « nombre très faible de morts ». Il va jusqu'à déclarer : « je rêve de vacances à Tchernobyl : chasse, pêche, vie en plein air, baignade ».

Ses positions sur les questions de société sont marquées par une hostilité envers les minorités. Il qualifie la gestation pour autrui (GPA) d'« ignominie commerciale ». Concernant l'homosexualité, il affirme que l'exposition des enfants à ces pratiques provoque un « rejet viscéral de l’immense majorité de Russes ».

Enfin, il adopte une posture de déni face aux assassinats politiques. Au sujet de l'assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa et de l'opposant Boris Nemtsov, il balaie la recherche des donneurs d'ordre : « Parler de "commanditaires", c’est souvent céder à la théorie du complot ». Il traite de manière similaire l'affaire Magnitski, affirmant qu'elle a été « instrumentalisée pour lancer une campagne anti russe ».

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Commentaires de l'auteur cités dans les pages du site
Date Commentaire Article Cité dans
19/01/2022
Il s’agit de politique politicienne dans ce qu’elle a de pire. Une attaque russe contre l’Ukraine enclencherait un cycle de nouvelles sanctions économiques américaines et européennes. Et si cette attaque n’a pas lieu, car les Russes nient toute intention en ce sens, les Américains diront que c’est le résultat de leurs menaces préventives. Bref, c’est un cercle vicieux qui met à mal la logique. Car il y a une différence de fond entre le fantasme et la réalité, entre le procès d’intentions et le fait avéré. Les mouvements de troupes russes se déroulent sur le territoire de la Russie. La Biélorussie est un allié très proche de la Russie et les manœuvres conjointes sur son territoire n’ont rien d’inhabituel. Elles ont déjà eu lieu à plusieurs reprises. Au lieu de chercher l’apaisement, les Américains poussent à la confrontation en Europe.
Ukraine : les Etats-Unis et l’Europe en quête de sanctions face à la menace rus… Blog Avant l'invasion à grande échelle
19/01/2022
L’imminence de l’attaque russe sur l’Ukraine est un fantasme. Fantasme qui sert paradoxalement la Russie. Car, vu qu’elle n’attaque pas, le chancelier allemand mettra en route le gazoduc Nord Stream 2. C’est très clair. Il suffit de lire ses dernières déclarations. « Si les Russes attaquent l’Ukraine, nous ne mettrons pas le gazoduc en route. » Donc, s’ils n’attaquent pas, il sera mis en route. C’est la logique même. Les Russes le disent : les Américains veulent qu’ils déclenchent une opération militaire en Ukraine. Cela aurait un double bénéfice : ils harponneraient davantage l’Europe en la rendant plus dépendante encore des E-U et diaboliseraient plus encore la Russie en la coupant de l’Europe. Les Russes disent comprendre la manœuvre et s’attendre à des provocations grossières dans le Donbass. Nous verrons dans les semaines qui viennent qui, des Russes ou des Américains, bluffe le plus. Et qui est le meilleurs à ce jeu de dupes auquel les Européens sont déjà les principaux perdants.
« Malédiction, le gazoduc Nord Stream 2 illustre l’ambivalence d’une partie des… Blog Avant l'invasion à grande échelle
09/12/2021
La menace de l’invasion russe de l’Ukraine fut une intox. Poutine l’a dit : seule l’attaque par les forces ukrainiennes des républiques autoproclamées du Donbass mènerait à une réaction russe qui mettrait en danger l’existence de l’Ukraine. Sans cela, le statu quo et la descente de l’Ukraine dans l’abîme continuent. Quant à la nostalgie soviétique, Poutine l’a dit aussi : seuls ceux qui n’ont pas de cerveau pensent pouvoir reconstituer l’URSS. Nous oublions que les deux tiers des anciennes républiques soviétiques coûtaient des fortunes à la Russie : les républiques d’Asie centrales, évidemment, mais aussi les républiques baltes. Aujourd’hui ces pays indépendants se vident de leur population et ne produisent pour ainsi dire rien. L’Ukraine et la Moldavie, prospères du temps de l’URSS, sont elles aussi devenues misérables. Nul en Russie ne songe à récupérer un tel fardeau. La zone d’influence, c’est autre chose. Tout pays important en a une. La Russie finira par reconstituer la sienne.
« Vladimir Poutine n’a jamais fait son deuil ni de l’Union soviétique ni de l’U… Blog Avant l'invasion à grande échelle
03/12/2021
Depuis la chute de l’URSS, en 1991, et l’apparition de tous ces États artificiels, dont l’Ukraine, trente ans sont passés. En ces trente ans, l’Occident à organisé plusieurs « révolutions de couleur », en fait des coups d’Etat, dans ces anciennes républiques soviétiques : en Géorgie, en Arménie, en Moldavie, en Biélorussie, deux en Ukraine. La Russie, quant à elle, n’a organisé aucun coup d’Etat, et n’a renversé aucun pouvoir dans ces État créés de toute pièce. Donc ces spéculations sur un coup d’Etat pro-russe qui serait en préparation à Kiev, sont, pour le moins, infondées. Elles n’ont ni précédent ni base factuelle. L’instabilité politique de l’Ukraine, et elle est incontestable, vient essentiellement de l’incompétence des Élites dirigeantes du pays. Dirigée par un vrai Coluche local, l’Ukraine s’enfonce chaque jour davantage dans un marasme dont plus rien ne semble pouvoir la sortir. D’où l’intox désespérée sur l’imminence d’une invasion militaire russe, et d’un coup d’Etat.
En Ukraine, le défi de Zelensky face à l’escalade avec la Russie Blog Avant l'invasion à grande échelle
30/12/2016
Vous avez raison. La Russie est ici bêtement désignée comme bouc émissaire. Il n'y a pas de preuves. Mais c'est aussi un aveu de faiblesse pour l'Amérique qui, si on en croit Obama, ne contrôle même plus ses propres élections présidentielles. Comment Obama ne s'en rend-il pas compte ? Je pense qu'il a reçu tant de camouflés de Poutine qu'il a perdu le sens de l'orientation et ne voit pas à quel point il est devenu un problème pour son propre pays.
Moscou se réserve le droit de riposter aux sanctions américaines Blog MH17
22/11/2016
L'hystérie empêche de voir les choses telles qu'elles sont. Poutine n'est pas responsable de la mort de ses gens. Leurs assassins sont, d'ailleurs, en prison.
Poutine et Fillon, une amitié géopolitique Blog MH17
19/11/2016
@ octopus : Je ne mens jamais délibérément. Regardez les dates, relisez les articles. Les sanctions ont été déclarées suite à la tragédie avec l'avion abattu. D'où l'idée de manipulation que j'ai toujours défendue.
Et la Crimée n'est absolument pas mentionnée dans les accords de Minsk.
Informez-vous. Sortez des clichés et des idées préconçues.
L'histoire me donne raison tant sur Trump que sur la Syrie 🇸🇾. Ce sera le cas sur l'Ukraine 🇺🇦 aussi.
Trump-Poutine, le match des titans Blog MH17
14/11/2016
La Russie 🇷🇺 n'a jamais manifesté d'agressivité à l'égard de l'UE 🇪🇺, ni de l'OTAN. L'agressivité de l'OTAN est bien connue. Et c'est l'UE 🇪🇺 qui a déclaré la guerre des sanctions à la Russie 🇷🇺, suite à un avion malaisien abattu au-dessus du Donbas en guerre. La Russie 🇷🇺 y a répondu par des contre sanctions. Et depuis, elle se défend contre une extravagante propagande russophobe, qui dépasse par son ampleur celle de la guerre froide. La Russie 🇷🇺 est vraiment sur la défensive.
Moldavie, Bulgarie : une vague « prorusse » dans l’est de l’Europe ? Blog MH17