Fiche — Denis Monod-Broca
À travers une série de commentaires publiés entre 2022 et 2024, Denis Monod-Broca s’est fait le chantre d’une fatalité militaire implacable, martelant avec une régularité de métronome que l’Ukraine est « déjà défaite » ou « condamnée » par la supériorité numérique et matérielle de la Russie. Son argumentaire repose sur l'idée d'une guerre d'usure que l'Occident, par son « aveuglement », ne pourrait que prolonger inutilement, transformant l'aide militaire en un simple « supplice » pour des troupes déjà « exsangues ».
Pourtant, cette lecture d'un déclin inéluctable se heurte à la réalité d'un conflit qui, loin d'être plié, a vu l'Ukraine maintenir sa souveraineté territoriale sur des zones clés et adapter ses tactiques face aux avancées russes. Si l'on part de l'hypothèse que Denis Monod-Broca relaie sciemment la rhétorique du Kremlin, ce discours de la défaite actée semble viser un objectif de déstabilisation psychologique précis : en présentant la victoire russe comme un fait accompli, il cherche à saper la volonté de l'opinion française de soutenir Kiev, à banaliser l'agression en la présentant comme une fatalité historique et à décourager l'envoi de nouvelles munitions.
L'effet recherché auprès du lectorat est clair : instaurer un sentiment d'impuissance et de résignation, transformant le soutien à l'Ukraine non plus en un choix stratégique, mais en une erreur coûteuse et vaine.

Charles Péguy : « Il faut toujours dire ce que l'on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l'on voit. »
Quelle drôle de phrase vraiment.
Aucun pays d’Europe n’envisage d’envoyer ses soldats se battre contre les soldats russes.
Après deux ans de guerre, notre industrie militaire est toujours incapable de produire assez, assez vite.
Les experts militaires un tant peu objectifs constatent que l’armée ukrainienne est défaite.
Alors, la Russie ayant gagné la guerre, que signifie cette « Il est essentiel […] que la Russie ne remporte pas cette guerre » ?
»
Le danger pour l’Ukraine est dans l’obstination américaine et européenne, bien plus que les tergiversations de Washington.
La situation étant ce qu’elle est, seul le drapeau blanc peut sauver ce qui reste de l’Ukraine.
Mais Américains et Européens reculent devant l’humiliation que cela serait pour eux.
Les Croisés de la « Démocratie » sont mis en échec. Ils ne parviennent pas à l’admettre. Tant pis pour l’Ukraine. Que son supplice continue !
L’article laisse peu de doute sur la réalité du champ de bataille : la supériorité numérique de l’armée russe, en hommes comme en matériel d’artillerie, ne laisse aucune chance à l’armée ukrainienne.
Ne pas l’admettre, s’enfoncer dans l’illusion d’une possible victoire ukrainienne, condamne des milliers d’hommes à la mort.
L’arrivée de 150 chars occidentaux dans n+1 semaines n’y changera rien. Elle ne fera que prolonger vainement le supplice. En donnant en outre la possibilité à l’armée russe d’augmenter ses gains territoriaux.
L’armée ukrainienne est à bout !
Comment pourrait-il en être autrement ? L’artillerie russe tire 5 ou 8 fois (les estimations varient) plus d’obus que l’artillerie ukrainienne et elle fait donc 5 ou 8 fois plus de morts et de blessés. Le reste est propagande.
S’il n’y avait pas ce rouleau compresseur de la propagande occidentale, « nous vaincrons parce que notre cause est juste et que nous sommes les plus forts », l’armée ukrainienne aurait déjà capitulé.
La facilité avait laquelle nos trolls-de-l’hegemon-bienveillant, sans prendre eux-mêmes le moindre risque, envoient à la mort tant de soldats ukrainiens est un très consternant mystère. Nos « valeurs » ont bon dos…
Quelques chars ou chasseurs, ou un « achat groupé de munitions », n’y changeront rien…
Aujourd’hui la Russie triomphe. Elle connaît l’état d’épuisement de l’armée ukrainienne que nous Occidentaux ne voulons pas voir. Et elle connaît très bien aussi notre pusillanimité. En position de force, elle va en profiter. L’avenir est sombre pour l’Ukraine.
Notre responsabilité est totale.
Poussés par notre orgueil, nous avons réveillé l’ours russe…
La domination militaire russe est un fait acquis, reconnu : ce n’est pas une question d’opinion. L’absolue incapacité de l’UE à se substituer aux USA pour aider l’Ukraine est un fait acquis également, même s’il n’est pas reconnu… Toutes nos rodomontades n’ont qu’un effet : prolonger la guerre, vider un peu plus nos arsenaux, provoquer de centaines de sold
Les USA ont compris que c’était plié, les pays européens affolés font semblant de croire qu’ils pourraient suppléer au retrait américain mais ils en sont bien incapables.
Paroles et promesses font de piètres munitions.
La Russie domine sur le champ de bataille et dans les usines d’armement.
Les soldats ukrainiens meurent pour rien.
Nous nous obstinons, encore et toujours, sans but…
Show must go on.
« Les niveaux actuels de soutien occidental ne permettent tout simplement pas d’envisager une victoire ukrainienne. »
Autrement dit l’Ukraine est vaincue.
Avec elle, l’Occident est vaincu mais, trop poltron pour faire la guerre lui-même, il est trop poltron aussi pour reconnaître sa défaite, alors il prolonge le supplice de sa « protégée »…
La Russie, malgré son PIB « inférieur à celui de l’Espagne » face à la soi-disant toute-puissance occidentale, a gagné la guerre et nous ne voulons toujours pas le voir, prolongeant interminablement et délibérément le supplice de l’Ukraine.
Honte à nous !
« Aider assez l’Ukraine pour qu’elle résiste, pas assez pour qu’elle gagne »…
La Russie a gagné et cela est inadmissible, littéralement in-admissible.
Alors que les Ukrainiens continuent à mourir ! afin de retarder autant qu’il est possible le moment où il faudra bien admettre l’inadmissible. Ou de laisser le temps à on ne sait quel miracle de finir pas retourner la situation…
Et pendant que l’industrie d’armement russe, en ordre de bataille, produit tout ce dont l’armée russe a besoin, l’UE en est toujours à chercher une date pour une réunion au sommet dont l’objet serait de rédiger un accord qui, sous réserve qu’il soit signé, permettrait des achats groupés de munitions…
Le simulacre fait illusion, c’est son job, mais il arrive un moment où la réalité reprend des droits.
Le prix n’est rien, il faut produire.
Et puis les dollars ne remplacent pas les hommes, sauf dans les équations pseudo-mathématiques dont nos économistes éblouissent nos politiques.
Qui tirera les leçons ce cette absurde autant qu’épouvantable guerre ?